Votre agence d’architecture intervient dans le monde sur des chantiers importants… Un restaurant à Paris, pourquoi ?
« PD : Un jour mon ami Antoine m’appelle pour me
demander mon avis sur un lieu qu’il aime et qu’il pense
acquérir. On prend rendez-vous, on petit-déjeune,
jusqu’au déjeuner…, on déjeune ; on imagine, on rêve,
on savoure les idées… J’ai une grande amitié pour
Antoine. Je suis extrêmement touché par sa générosité,
sa gentillesse et sa simplicité. Je suis émerveillé par sa
cuisine, toujours heureux d’être à sa table. »
Comment aborde-t-on un projet aussi
différent de vos chantiers habituels ?
« PD : Il m’arrive souvent de traiter des hôtels, des
restaurants, des cuisines, des salles à manger, des lieux
de rencontres et d’amitié. J’aime les endroits qui ont
une âme et un cœur. »
Quelle inspiration pour Mon Vieil Ami ?
« PD : En architecture et décoration, j’aime rendre les
lieux nobles, calmes et luxueux. Je cherche à leur
donner une véritable authenticité, un véritable caractère,
par une ou deux idées fortes et simples. »
Comment avez-vous fait pour Mon Vieil Ami ?
« PD : J’ai souhaité garder les matériaux, comme les
poutres et les pierres qui caractérisent l’Ile saint Louis,
mais je les ai stylisées.
J’ai sablé les pierres «à coeur», pour retrouver tout leur
éclat et leur blancheur d’origine, et j’ai peint toutes les
poutres et les briques en noir mat, comme une écriture,
comme une signature.
J’ai recouvert le sol de parquet, pour la chaleur et enfin,
j’ai renforcé le contraste en faisant entrer en scène une
nouvelle matière, dont j’ai recouvert les murs : du miroir,
auquel j’ai donné un aspect très moderne et très
contemporain en en matifiant la surface par un procédé
de microbillage. »
En quelques mots, pouvez-vous nous résumer
l’ambiance ?
« PD : Le lieu n’est pas ouvert vers l’extérieur, j’ai choisi
par conséquent de renforcer son intériorité. C’est devenu
une très belle salle à manger, contemporaine, d’ambiance
très chaude, assez chic.
La vaisselle est ivoire et les couleurs des plats d’Antoine
éclateront.
C’est une seule et même table d’hôtes. Les tables se
touchent, il y aura 40 convives qui partageront la même
fête, le même art de la cuisine d’Antoine. Cela fera
forcément des amis… les amis d’Antoine… les anciens
et les nouveaux. »