La petite histoire du quartier

Merveilleuse île Saint-Louis, vivant en retrait de toute agitation. La vie est si différente de l'île de la Cité, tout y est plus calme.

Comme si l'île de la Cité n'était qu'un leurre, déviant la foule et les promeneurs d'un lieu hautement historique et prestigieux.

Nous voilà donc sur le pont Saint-Louis, existant depuis seulement 1627. Le malheur semblait s'acharner sur ce pont qui n'eut de cesse d'être détruit puis reconstruit. Il fut même emporté par une crue en 1795 et connu de multiples changements jusqu'en 1861 où il prit le nom de Saint-Louis. Enfin en 1939, un chaland-citerne endommagea gravement le pont et cette même année un automoteur de 1200 tonnes le fit s'écrouler d'un coup dans la Seine. En résumé, je me risque sur un pont reconstruit en 1940 et qui attend toujours de retrouver ses ornements d'autrefois.

L'île Saint -Louis porte ce nom depuis 1725, elle s'appelait auparavant Notre-Dame et fut coupée par un canal en 1360 a l'emplacement de la rue Poulletier. L'autre partie s'appelait l'île aux vaches, terrain servant de pâture à l'époque à quelques vaches. Ce n'est qu'au XVIIème siècle que l'île se couvre de nombreux hôtels que nous allons observer.

Quoi de plus royal que le nom de Bourbon? Le quai que vous voyez porte précisément le nom de Quai de Bourbon, tiré directement de la famille royale.

Quel silence, peu de gens et peu de voitures. Les entrées de chaque hôtels sont bien fermées par de lourdes portes avec digicode. De nombreuses plaques commémoratives honorent les habitants prestigieux de l'île: Au 45, "Ici a vécu Marthe, princesse Bibesco, écrivain français née à Bucarest, morte dans cette maison le 28 Novembre 1973". Il y a tellement de plaques, que certaines sont devenues illisibles avec l'usure du temps. Il serait bien difficile également de toutes les citer.

Je vais demander aux concierges de me laisser rentrer et si ils sont d'accord, de me laisser photographier l'intérieur des hôtels...

Un petit avant-goût nous est offert au numéro 21. Le concierge me précise que ce sont d'anciennes écuries qui se trouvaient au fond de la cour. Le raffinement , le luxe et le calme se dégagent de cet hôtel construit en 1637. Nicolas Gaillard en était le propriétaire à l'époque et son fils n'était rien de moins que le conseiller du roi.

Pour les amoureux de la politique, au numéro 25, habitait Léon Blum pendant les années du Front Populaire. Cet hôtel appartenait en 1662 au secrétaire du roi Antoine Moreau.

Devant l'hôtel de Jassaud, au numéro 19 que nous voyons sur la photo, s'affiche en grand la plaque s'honorant de la présence de Camille Claudel, le sculpteur, de 1899 à 1913.

En marchant nonchalamment le long de l'île, on pourrait penser qu'il s'agit de riches propriétaires bourgeois qui résident dans ces merveilleuses demeures. "Le charme discret de la bourgeoisie", tel était le nom d'un film de Buñuel et qui pourrait être le titre de notre visite. Sous la monarchie absolue, pour être électeur, il fallait être "bourgeois de Paris". Au XIIIème siècle, il fallait déclarer son intention de devenir bourgeois de Paris, habiter la Capitale et espérer au bout de trente années obtenir le titre tant désirer. Avoir l'accord du curé, payer des taxes, remplir nombres d'obligations permettaient de figurer sur la liste d'attente en fonction également du loyer versé. Autant dire que c'était une position très recherchée. Avec le temps, vous l'aurez compris, le sens de bourgeois a pris un sens différent.

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Textes & Communication: Patricia Grunler - Direction artistique: Anthony De Anfrasio - Réalisation - Graph'Art
Photographe: Marie Clerin - Musique: Nos vies Limitrophes (Village Vert) - Composition: Valérie Leulliot (Autour de Lucie)
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